Pas un jour ne passe sans que j’entende ou ne lise des énormités insupportables de connerie. Pas le temps malheureusement de les traiter dans ce blog à l’abandon, mais de temps en temps il faut quand même en sacrifier un peu pour rétablir certaines vérités si superbement ignorées par ces crétins de français en général et de journalistes en particulier.
Aujourd’hui, quelques mots sur l’énergie (sur ce seul sujet, il y aurait en ce moment de quoi écrire des tartines chaque jour sur les assanités qu’on subit dans les medias, y compris dans ceux pour lesquels j’ai de l’estime comme Rue89.com).
- Non, le prix du pétrole à 100$ le baril n’est pas un record. Ou, plus exactement, c’est un record en valeur absolue, mais pas en valeur relative. Autrement dit, après le 2nd choc pétrolier, en 1979, le baril coûtait plus cher si on ramène la valeur en $ constants (pour les plus débiles d’entre-vous, 1$ de 1980 a une valeur très nettement supérieure à 1$ de 2007; si vous ne voyez pas pourquoi, déguerpissez d’ici immédiatement et retournez à vos lectures habituelles -L’équipe et le mode d’emploi des pizzas Findus).
- Non, abandonner le nucléaire au motif que c’est dangereux n’est pas une idée intelligente. Argumenter contre le nucléaire en citant Three Mile Island et Tchernobyl comme je le lis souvent est à peu près aussi con que de demander l’interdiction du transport aérien sous prétexte qu’Icare s’est crashé comme une merde. Les centrales actuelles sont infiniment plus sûres, et de toute façon il va bien falloir se faire à l’idée que ce produit miraculeux qu’est le pétrole va finir à manquer un jour ou l’autre (et a priori avant la fin du Siècle).
- Non, les conséquences les plus néfastes du pétrole cher ne sont pas le pouvoir d’achat des pauvres ou le fait que les compagnies pétrolières vont devoir forer toujours plus profond, comme l’affirme cet article franchement médiocre de Rue89 (qui avait déjà commis un article lamentable sur le gaz il y a quelques jours). La conséquence immédiate la plus néfaste, c’est que l’alternative au pétrole (hors transport, évidemment), c’est le charbon. Et que le charbon, pour produire de l’électricité, c’est encore plus polluant que le pétrole. Et ça, ça craint vraiment. On se demande si ça sert à quelque chose que les experts du GIEC se cassent le cul à démontrer scientifiquement à quel point le réchauffement climatique est une incommensurable catastrophe planétaire quand on lit les réactions/articles de Rue89.com ou autres suppôts du crétinisme sur le scandale GDF ou TOTAL (toute petite remarque: est-il malin de mettre l’accent sur les bénéfices colossaux de Total quand le pétrole est cher en omettant de citer les résultats de cette même société quand le pétrole est au plus bas, comme c’était encore le cas il y a quelques années? Quoique représente Total par ailleurs, c’est une question d’honnêteté intellectuelle).